Mariannes et poilus, « la république au village » autour de Joigny

Bulletin de la Société des Sciences
Historiques et Naturelles de l’Yonne
139e vol., Année 2007

Nous remercions les maires qui ont facilité nos recherches, MM. Jean Auberger (Joigny), Alain Delestre (Champvallon), Claude Perreau (Chamvres), Thierry Perrier-Cornet (Neuilly) et Christian Rotilio (Champlay).
Le présent article est issu d’une tournée « Mariannes et Poilus » organisée le 18 juin 2006 pour l’A.C.E.J. (Association culturelle et d’études de Joigny), avec la collaboration de Jean-Luc Dauphin à propos du monument aux morts de Joigny. Par ailleurs il tente de s’inspirer des orientations et des questionnements formulés par Maurice Agulhon et par Roger Dupuy, deux maîtres qui ont enrichi la connaissance de la république au village et de la politique du peuple.
Les monuments observés, républicains ou religieux, ont été conçus à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, époque de tensions fortes entre l’Eglise et la République: à Joigny (monument aux morts et Mariannes) et dans des villages voisins, dans un rayon maximum de six kilomètres: Cézy (mairie, monument aux morts et église), Chamvres (monument aux morts), Champvallon (église, mairie, monument aux morts et cimetière), Champlay (monument aux morts,
église et croix) et Neuilly (monument aux morts chrétien, église et école libre).

Les monuments aux morts présentés ont tous pour architecte Georges Lajoie, au nom prédestiné pourrait-on dire par antiphrase, un homme qui a déjà travaillé avant-guerre à la restauration du château des Gondi et à l’agrandissement de l’hôpital de Joigny. C’est lui qui, chaque fois, établit le cahier des charges. Ajoutons qu’aucun de ceux étudiés ici n’appartient à la catégorie, rare mais volontiers prisée aujourd’hui, des monuments aux morts pacifistes (comme ceux de Chevillon, Gy-l’Evêque ou Perreux). C’est ailleurs que se trouve, le cas échéant, leur originalité parmi les 491 érigés dans le département dans les années 1920.

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