Garibaldi et les « disputes de Dijon », entre statues et noms de rues

Garibaldi et les « disputes de Dijon », entre statues et noms de rues : une « républicanisation » difficile (XIXe et XXe siècles).

(Annales de Bourgogne, 86-1 de janvier-mars 2014, numéro 141, ont publié une  version légèrement réduite de cet article présenté d’abord en conférence à Dijon)

Garibaldi,  médaille 1860

Garibaldi,
médaille 1860

Nous contons ici, à la suite de plusieurs chercheurs, une succession d’âpres querelles menées localement autour de symboles, républicains ou non, « guerres franco-françaises » qui illustrent l’importance attachée aux signes politiques dans la cité, tant pour les statues en lieu public que pour l’emplacement précis de ces monuments et pour les noms attribués aux voies publiques, ce qu’on appelle la toponymie ou, plus exactement, l’odonymie – science du nom des voies publiques. Étalées sur plus d’un siècle, les interminables « disputes de Dijon » ont une certaine représentativité, tout en étant peut-être plus vives que dans bien des communes de France.

Plan de Dijon (avec lignes de tramways) dans Ch. Ellevé, Dijon et ses environs, Librairie L.   VENOT, avant 1918.

Plan de Dijon (avec lignes de tramways) dans Ch. Ellevé, Dijon et ses environs, Librairie L. VENOT, avant 1918.

À Dijon cette longue dispute, entamée dans la décennie 1840 à propos de saint Bernard, oppose à partir des années 1870 Garibaldi à maints rivaux, saint Bernard bien sûr, Bossuet, voire le modéré Sadi Carnot, président de la République assassiné par un anarchiste en 1894. S’y ajoutent ensuite Émile Zola, Henri Barbusse et d’autres encore.

Sous la Troisième République, la dispute est pour l’essentiel, par le biais de divers héros, un combat à trois entre la République radicale et anticléricale, la République modérée et consensuelle et enfin la Tradition religieuse (le « cléricalisme » aurait dit Gambetta), chacune illustrée par au moins un monument-phare, monument mal accepté par les deux autres éléments de la triade.

Précisons que l’approbation pour l’érection des statues « ayant le caractère d’hommages publics à des personnages illustres » et pour la dénomination des voies publiques est de la compétence du préfet, par délégation du pouvoir central, ceci  en application d’une ordonnance royale du 10 juillet 1816 et de ses modifications ultérieures. Cependant la première instance qui doit donner son accord – ou à refuser – est la municipalité.

Pour lire la suite

Télécharger le .PDF

Visualiser en ligne.

La France et la République dans les cartes postales patriotiques de la Grande Guerre

Article suivant »

Marianne en Amérique : L’emblématique républicaine en Amérique, nord et sud