embleme4

Les Emblèmes de la République, par Bernard RICHARD

Les Emblèmes de la République, de Bernard RICHARD

430 pages, 8 planches d’illustrations, 27 €, janvier 2012, CNRS Editions.

Nouvelle édition en août 2015, en poche, 526 pages + illustrations en noir et blanc,  12 €, CNRS Editions, collection BIBLIS n° 119.
préface d’Alain CORBIN.

Cet ouvrage de référence pour le drapeau tricolore, la Marseillaise, Marianne, la devise républicaine  et bien d’autres symboles français bénéficie désormais d’une édition en collection de poche qui le rend plus accessible et plus maniable.

Présentation par l’éditeur (CNRS Editions)

Faire voir, ou entendre, la République pour la faire aimer : voilà le rôle, aujourd’hui comme hier, des emblèmes étudiés dans cette vaste fresque que l’on lira comme le complément indispensable aux Lieux de mémoire de Pierre Nora et aux Métamorphoses de Marianne de Maurice Agulhon. Une somme impressionnante qui retrace l’origine, la signification, les métamorphoses des symboles visuels, graphiques, festifs et sonores incarnant la République et ses valeurs. Images de la Liberté comme Marianne ou le bonnet phrygien ; panoplie d’emblèmes majeurs ou secondaires comme le drapeau tricolore, la Marseillaise, la fête nationale, le coq gaulois, le faisceau de licteur… Sans oublier ces « monuments parlants » que sont les mairies, les statues, les noms de rue, le Panthéon, les monuments aux morts de la Grande Guerre… L’époque révolutionnaire fut la principale « fabrique des images », qui s’imposent définitivement dans les premières décennies de la Troisième République. Multipliant les inscriptions et les emblèmes, la France fin de siècle pratique une décoration cumulative, foisonnante et éclectique. La Quatrième République semble répéter maladroitement la précédente, sans jamais acquérir la même légitimité, car se profile toujours l’ombre de l’homme du 18 Juin… La Cinquième République, en revanche, amène son lot de créations ou de métamorphoses : rôles nouveaux donnés à la croix de Lorraine, images du président de la République… Une histoire sensible et vivante qui plonge au plus profond de notre imaginaire républicain.

Présentation de l’auteur

Agrégé d’histoire et disciple de Maurice Agulhon, membre du réseau culturel français de 1974 à 1995 en Amérique latine, en Egypte et comme directeur du bureau des Alliances françaises au Ministère des affaires étrangères, l’auteur mène depuis des années des recherches dans les domaines de l’emblématique républicaine en France et en Amérique, ainsi que sur les rapports de l’Eglise et de l’Etat, en particulier dans le département de l’Yonne (Madeleine-Sophie Barat, sainte de Joigny et sa communauté dans le monde, éd. La Gazette 89, 2009 (sur les Dames du Sacré-Coeur, congrégation enseignante destinée aux filles de la haute société au XIXe) ; Cloches et querelles de cloches dans l’Yonne, préface d’Alain Corbin, éd. Les Amis du Vieux Villeneuve, 2010). Il a participé à diverses publications collectives (Les Cahiers d’ADIAMOS 89, dont Les débuts de la IIIème République dans l’Yonne, La Grande Guerre dans l’Yonne). Il a publié de nombreux articles portant sur la vie politique et son imagerie aux XIXe et XXe siècles (France, Amérique latine) dans les diverses revues françaises – dont des revues bourguignonnes (en particulier dans Les Annales de Bourgogne et dans le Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne). En juillet 2015, il publie aux Editions des Equateurs un humoristique Cahier de vacances de la République (textes de Bernard Richard, dessins de JUL). Cet ouvrage s’insère dans les réponses « citoyennes » aux attentats parisiens de janvier 2015.

Son principal ouvrage reste  Les emblèmes de la République, ouvrage publié chez CNRS Éditions en 2012 , réédition en poche en 2015.

Il y aborde  les thèmes suivants : Marianne et le bonnet phrygien ; le 14 Juillet et ses concurrents à gauche et à droite ; le drapeau tricolore et ses rivaux blancs et rouges ; la Marseillaise française et universelle ; l’arbre de la Liberté emblème civique festif ; l’image du président de la République dans les mairies et les administrations publiques, clef de voûte symbolique ;  le coq gaulois emblème des Français ; le monogramme « RF », le faisceau de licteur et la « marque graphique » de l’État en France ; la « républicanisation de l’espace » dans l’art public en France ; le Panthéon lieu de culte républicain ;  les monuments aux morts, monuments républicains ?

  Le ChatRICHARD-1409-1 (2)

Chercheur ou trouveur ?

Le professeur Alain Corbin souligne dans sa préface « la hauteur de vues et l’ampleur des curiosités de l’auteur », avec ses fréquentes comparaisons internationales,  « la profondeur historique d’un ouvrage au ton apaisé, réfléchi… œuvre d’un véritable historien, d’un érudit sans œillères ».

Cet ouvrage de référence pourra rendre bien des services dans le domaine de la civilisation française, abordée ici sous le prisme de l’emblématique, de la panoplie de l’imagerie républicaine.

Préface  d’Alain Corbin

Il existe nombre d’ouvrages consacrés à chacun des éléments que l’auteur passe en revue dans ce livre. Bernard Richard les connaît bien et les indique à la fin de chaque chapitre, en une très riche bibliographie. Mais, à ma connaissance, il n’était pas encore de synthèse aussi ample, documentée, réfléchie. À cela ne se réduit pas la portée de ce livre. À parler de synthèse on pourrait laisser croire qu’il n’y avait plus rien de neuf à dire sur les emblèmes de la République. On aurait tort.

Soucieux de rigueur, l’auteur se livre, d’entrée de jeu, à une analyse du vocabulaire : c’est que, nous dit-il, il faut se garder de confondre allégorie, icône, symbole, emblème… Outre cet indispensable souci, les éléments qui fondent l’originalité de l’ouvrage sont nombreux.

Tout d’abord, il joue avec talent des variations d’échelles. Sa connaissance de l’Yonne alimente souvent son propos, lui confère de la saveur. Le livre témoigne de l’attention portée au vécu des populations rurales, alors majoritaires ; par delà l’étude du national, qui allait de soi, Bernard Richard garde l’œil fixé sur l’étranger, notamment sur les États-Unis ; et les incursions qu’il effectue hors de l’hexagone sont toujours pertinentes.

À cette ampleur et à cet équilibre des curiosités, s’ajoute le ton apaisé, réfléchi, souvent retenu qui est celui de l’auteur ; celui-ci surplombe son objet ; et cette hauteur de vues fait de son ouvrage l’œuvre d’un véritable historien, d’un érudit sans œillères. À cela s’ajoute le souci d’indiquer la profondeur historique de chacun des éléments de son objet, qu’il s’agisse des emblèmes inscrits sur le bois et la pierre ou qu’il s’agisse des arbres, tous éléments traités généralement de leur origine à aujourd’hui.

Les vandalismes, les modes d’exécration qu’ils ont traduits, constituent, aujourd’hui, une piste de recherche qui se révèle très riche, et qui attire les jeunes historiens. Or, l’histoire des destructions et de tous les grattages d’emblèmes est présente dans ce livre.

Il est un autre aspect de l’ouvrage qui en agrandit la portée. Le livre de Bernard Richard amorce, à mon sens, un tournant historiographique, il est vrai encore timide. En regard des emblèmes de la République, et pour véritablement comprendre les parties qui se jouent, il était nécessaire d’évoquer, en attendant qu’ils soient plus amplement traités, ceux des autres régimes qui se sont succédé. Cela écarte de la perspective téléologique qui faisait oublier la complexité, l’intrication des émotions, des sentiments, des croyances et des convictions des Français de ce temps.

L’auteur le comprend : en témoignent, à titre d’exemples, les développements consacrés aux 15 Août des Empires et leur apport nécessaire à la compréhension du 14 Juillet de la République. Il en va de même des développements consacrés à l’arbre. Certes de façon un peu rapide, l’auteur rappelle le rôle du végétal dans le besoin de satisfaire le désir d’enracinement de la quatrième dynastie – ou « race ». Et n’oublions pas qu’il y eut, au total, au cours du XIXe siècle, davantage d’arbres plantés à la naissance du Roi de Rome et, plus encore, à celle du prince impérial que d’arbres de la Liberté.

Mais la localisation des plantations, leur forme, le futur attendu différaient profondément. Ainsi, le livre de Bernard Richard, je le répète, ouvre-t-il un chantier, certes à poursuivre, sur une histoire ample de l’allégorie, de la symbolique, de l’emblématique politiques au XIXe siècle et au-delà.

Il esquisse cela sans cesser d’accorder l’essentiel de son attention à la manière dont l’histoire qu’il présente reflète les valeurs et les codes de la République.

Alain Corbin, Professeur émérite à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Membre de l’Institut universitaire de France.

Table des matières

Préface, Introduction
Prologue : Emblèmes et République

Première partie : Sous le signe de la Liberté

Chap. I : Le bonnet phrygien
Chap. II : Marianne, représentation féminine

de la République en France

Chap. III :Liberté, Egalité, Fraternité,

devise de la République française

Chap. IV : Le drapeau tricolore, et ses principaux rivaux,

le blanc, le rouge



Deuxième partie : Emblèmes majeurs et emblèmes secondaires

Chap. V: Le drapeau tricolore et ses principaux rivaux, le blanc et le rouge
Chap.VI : La Marseillaise, française et universelle
Chap. VII : Le 14 Juillet fête nationale et ses divers concurrents, à droite et à gauche
Chap. VIII : L’image du président de la République, clef de voûte symbolique
Chap. IX : Le coq gaulois, emblème des Français ?
Chap. X : Autres emblèmes secondaires de la République : le monogramme « RF », le faisceau de licteur et la « marque graphique » de l’État en France (1999)

Troisième partie : Monuments et espaces républicains

Chap. XI: La « républicanisation » de l’espace
Chap. XII : Le Panthéon, lieu de culte républicain
Chap. XIII : Les monuments aux morts de la Grande Guerre, une création républicaine ?
Conclusion

embleme1

Les Emblèmes de la Républiques

embleme2

Un  emblème de la République, adopté en 1913 pour le Ministère des affaires étrangères

Elu au suffrage universel, voici Louis-Napoléon Bonaparte entre une France au drapeau et une Liberté au bonnet phrygien vert sur une affiche de propagande L-N Bonaparte entre France et République à bonnet… vert

embleme3

France au bonnet phrygien, bonnet de la liberté

Pils_-_Rouget_de_Lisle_chantant_la_Marseillaise

La Marianne de Joigny, 1848, auteur inconnu, abattue en décembre 1851, remise en place depuis et trônant actuellement dans le bureau du maire.

La Marianne de Joigny, 1848,     auteur inconnu, abattue en décembre 1851, remise en place avec la République et trônant aujourd’hui dans le bureau du maire.

Buste de la République, mairie de Joigny, Yonne, en 1848. Une « Marianne » à la fois sérieuse et ha

 

Marianne de Blacy, plâtre préparatoire

Marianne de Blacy, plâtre préparatoire

 

David d'Angers 1

panthéon Victor Hugo 2Une Marianne trop mignonne

Les monuments aux morts de la Grande Guerre, monuments républicains ?

Article suivant »

Petit fait, grands effets : la bataille de Champlay (21 octobre 1615), au temps de la seconde révolte des princes.