Emblèmes de la République, dialogue avec Emmanuelle Perrin-Huisman

Transcription de l’émission mensuelle de l’Union Rationaliste à France Culture le dimanche 26 février 2012 à partir de 9h 42 (publiée dans Les Cahiers Rationalistes, mars-avril 2012, n° 617, p. 43 à 50) 

Emmanuelle Perrin Huisman :
Bernard Richard, bonjour !
C’est à plus d’un titre que j’ai plaisir à vous recevoir à l’antenne de l’Union Rationaliste. Nous avons été collègues au lycée Descartes d’Antony à la fin de votre carrière qui a oscillé entre diplomatie et enseignement de l’histoire. En historien républicain vous occupez votre retraite à composer des ouvrages passionnants, soit sur les cloches et les querelles de clochers, en reprenant ici la tradition d’Alain Corbin, soit sur les emblèmes républicains.
Aussi je voudrais vous interroger sur le très beau livre que vous venez de publier aux éditions du CNRS, intitulé Les Emblèmes de la République.
Pour qui a aimé les livres de Maurice Agulhon sur les Mariannes et pour qui, comme moi, aime les Lieux de mémoire de Pierre Nora, impossible de ne pas s’intéresser à votre dernier ouvrage.
Une question que j’aimerais vous poser : « Est-ce en républicain, en fervent républicain que vous vous êtes intéressé à la façon dont la République se donne à voir, et à aimer ?

Bernard Richard :
Avant de vous répondre, je devrais préciser que nous étions collègues et amis. En effet l’historien a souvent besoin du philosophe, par exemple pour les concepts, tandis que le philosophe a recours à l’historien pour le background, la « contextualisation ». Ainsi avions-nous coopéré à plusieurs reprises ; je me souviens que vous m’aviez interrogé sur le jansénisme du XVIIe siècle et que j’avais réussi à vous répondre, plus ou moins ; vous m’aviez aidé sur d’autres questions, comme par exemple l’avortement, à propos d’un exposé libre d’élèves.
Suis-je républicain ? Bien sûr. Dans Les Emblèmes de la République, j’ai cherché à retrouver toute la ferveur, l’esprit batailleur aussi qu’avaient eu les Français pendant longtemps, depuis la Révolution de 89 jusqu’à ce que, au bout d’un siècle, la république se stabilise, jusqu’à ce qu’ « elle arrive au port », pour démarquer une expression de François Furet. Retrouver donc la ferveur autour de ces images qui étaient irradiées par les valeurs de la République. Mais encore, parce qu’il s’agissait aussi de Français, sujets ou citoyens français, la ferveur manifestée autour  du drapeau blanc, des fleurs de lis, donc autour des symboles républicains ou antirépublicains, dans une France en bataille. Aujourd’hui ces symboles sont un peu « refroidis », et j’ai cherché à les réchauffer. On a désormais un consensus mou. Oui, tout le monde connaît Marianne, objet passe-partout, consensuel, qu’on ignore, qu’on ne regarde plus. Autrefois, quand on brandissait une Marianne, on risquait de se retrouver en prison.

Marianne au bonnet phrygien

Marianne au bonnet phrygien

Marianne de Gayrard à la dépouille de lion

Marianne de Gayrard à la dépouille de lion

Le bonnet phrygien, qui a une longue histoire, je ne pense pas qu’un seul Français sache vraiment ce que c’est, à l’origine ; ce bonnet n’horripile plus les Français mais il reste, par exemple chez les Anglo-saxons, lié à toute la violence de la Révolution française. Parce que j’ai été non pas diplomate mais para-diplomate, attaché culturel à l’étranger, j’ai été amené à effectuer des interventions sur divers thèmes touchant à notre pays, et ce fut souvent autour du drapeau tricolore, du 14 Juillet, de Marianne, etc. Tous ces symboles, que nous connaissons, très relativement, intriguaient, étonnaient l’étranger. Par exemple comment, et pourquoi, la France peut-elle être représentée par un coq, un coq gaulois ? Comment ce coq emblématique de la France ou du peuple français n’a-t-il aucun rapport avec le coq de la religion, des clochers. Notre fête nationale commémore-t-elle la prise de la Bastille, le « Bastille Day », ou la fête de la Fédération de 1790 ?

E P H
: Bernard Richard, précisez-nous deux choses : Qu’est-ce que le bonnet phrygien, que je rattache au bonnet de l’esclave affranchi à Rome…

B R : Eh bien non ! Grave erreur, vous n’êtes que philosophe !

E P H : Donc peut-être à tort, et vous allez nous éclairer, et puis parlez-nous du coq, du coq gaulois.

B R : Le bonnet phrygien, dans ce que Paul Veyne appelle l’empire gréco-romain, ce vaste domaine dominé par les Grecs d’Alexandre puis conquis par les Romains, ce bonnet à la forme particulière, recourbé vers l’avant, est typique de celui que vit à l’Est de cette aire culturelle gréco-romaine. Le bonnet phrygien représente l’oriental, et tout ce qui est rattaché, réellement ou légendairement à l’orient, comme Troie, fondation du royaume anatolien de Phrygie, aussi Pâris est-il coiffé de ce bonnet, tout comme le mythologique Persée, ou plus tard les rois mages qui viennent de Perse – et sont coiffés du bonnet phrygien par exemple sur une mosaïque de Ravenne, datant du VIe siècle.

dial3De même qu’un Arabe ou un Turc est fréquemment figuré couvert d’un tarbouch ou d’un turban, l’oriental est donc représenté par les Grecs puis les Romains coiffé du bonnet phrygien, et cela a continué dans l’Europe classique, du XVIe au XVIIIe siècle. Dans les années 1780, le peintre David par exemple, sur un tableau célèbre intitulé Les amours de Pâris et d’Hélène, représente le berger troyen Pâris coiffé d’un bonnet phrygien rouge, rouge-flamme, splendide, un bonnet d’oriental.

E P H : Alors comment a-t-on pu changer la signification de ce bonnet phrygien, en faire le bonnet du révolutionnaire ?

B R : C’est un cas d’inculture, d’ignorance des Français à la veille de la Révolution, et cela s’est maintenu jusqu’à nos jours : vous parliez de l’esclave affranchi coiffé du bonnet phrygien… On a confondu le bonnet de l’oriental avec celui dont on coiffe l’esclave à Rome lors de la cérémonie d’affranchissement. Ce bonnet romain est dit, en latin, le « pileus », car c’est un bonnet à poils, non tissé, un bonnet de feutre, qui a d’ailleurs une forme conique, pas du tout celle du bonnet phrygien à sommet recourbé vers l’avant. C’est à la veille de la Révolution qu’on commence à confondre ces deux bonnets. Comment a-t-on pu, marginalement d’abord dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, puis massivement dans la France révolutionnaire et de là dans toute l’Europe et au-delà, utiliser le nom et la forme du bonnet phrygien pour figurer celui de la Liberté, à la place du  pileus  pourtant tout à fait identifié et reconnu comme tel dans la culture artistique savante du même XVIIIe ? La réponse ne va pas de soi mais faute de temps, je renvoie à mon livre. Toujours est-il que le 22 septembre la Convention adopte le projet de décret présenté par l’abbé Grégoire pour le nouveau sceau de l’État, de la République : il y est précisé que ce sera une femme vêtue à l’antique, tenant une pique surmontée d’un « bonnet phrygien ou bonnet de la Liberté ».On a là, inscrite dans la loi, la confusion complète des deux bonnets, celui de l’oriental et celui de la liberté romaine. Ce transfert de l’un à l’autre a si bien réussi, la greffe a si bien pris, que non seulement dans la France de la Révolution, mais encore aux siècles suivants et jusqu’à nos jours, des auteurs qualifiés, par exemple ceux d’un solide Dictionnaire d’histoire culturelle de la France contemporaine publié en 2010, indiquent que le bonnet phrygien coiffait à Rome l’esclave affranchi et qu’il avait pour cela été choisi sous la Révolution française comme emblème de la Liberté puis de la République. L’erreur « historique » est d’ailleurs sans grande importance ; ce qui compte c’est que la République, pour laquelle on ne disposait pas d’image topique au XVIIIe dans les ouvrages usuels d’iconologie, sera et est figurée par une Liberté, une Liberté à « bonnet phrygien ou bonnet de la Liberté » dit le décret de septembre 1792.

E P H : Mais alors c’est une erreur, une confusion,

B R : Oui, un transfert de sens, par confusion. J’ai commencé à voir de tels bonnets phrygiens utilisés comme bonnets de la Liberté dans la décennie précédant la Révolution. C’est ainsi le cas d’une gravure de 1778 servant de frontispice à un ouvrage du comte de Choiseul-Gouffier qui connut un grand succès, le Voyage pittoresque de la Grèce, publié en 1782 ; sur cette gravure une Liberté grecque pleine d’allant brandit une pique surmontée d’un bonnet de forme phrygienne. Il s’agit d’ailleurs de la source d’inspiration probable de la Liberté guidant le peuple de Delacroix, selon Geneviève Lacambre, du musée d’Orsay.

Frontispice du Voyage pittoresque de la Grèce, dessin  de 1778 publié en 1782

Frontispice du Voyage pittoresque de la Grèce, dessin de 1778 publié en 1782

E P H : Cette confusion étant levée, éclaircie, et je vous en remercie, qu’en est-il du coq, du coq gaulois ?

B R : La médiéviste Colette Beaune, admirée par ailleurs pour son ouvrage intitulé Jeanne d’Arc, vérités et légendes, parle des deux chants du coq, celui du coq religieux des clochers, celui du coq moqué des fabliaux du Moyen Age. Colette Beaune, Philippe Contamine et Olivier Bouzy, c’est-à-dire les trois médiévistes de qualité spécialistes de Jeanne d’Arc, avaient été invités à Domrémy le 6 janvier dernier, pour le six centième anniversaire – sans doute fictif en ces temps à l’état civil flottant – de la naissance de la sainte, si bien que pour parler sur les ondes de cet événement et de sa célébration par les politiques, il ne restait à Paris, pour l’essentiel, que Max Gallo et moi-même, chacun parlant de son récent livre, moi-même donc évoquant mes Emblèmes et la fête de Jeanne d’Arc rivale fin XIXe potentielle du 14 Juillet dans certains milieux traditionalistes. Revenons au coq. Le coq religieux est celui de saint Pierre, celui que saint Pierre n’entend pas à trois reprises la veille de la Passion. Il est très tôt dressé sur les clochers en Occident. On en a une représentation sur la « Tapisserie de la reine Mathilde », en fait, vous le savez, c’est une broderie et l’épouse de Guillaume de Conquérant n’est pour rien dans cette œuvre qu’on doit appeler plus justement la Broderie de Bayeux. On y voit un clerc qui installe un coq au sommet du clocher de l’église Saint-Pierre, église de l’abbaye de Westminster, donc à la fin du XIe siècle. Ce coq des clochers – comme je le dis de temps en temps à mon curé – représente le clergé qui veille sur les fidèles pour les protéger des démons qui rôdent dans le village, dans la paroisse.
L’autre coq est donc celui des fabliaux, du Roman de Renart, arrogant, vaniteux, volontiers lubrique et toujours froussard. Une image très péjorative, négative. Ce sont les Anglais et les Flamands, adversaires de la France au XIVe siècle, qui identifient le roi de France à un tel coq. Alors que l’emblème héraldique de l’Angleterre est un léopard ou un lion, qu’on retrouve pour le comté de Flandre, que l’Empereur a l’aigle, le roi de France a choisi, depuis le XIIe siècle sans doute, un végétal, la fleur de lis. Mais les adversaires, figurés donc chacun par un animal noble, imposent, infligent le coq, le misérable coq de basse-cour, au roi de France, qui bien sûr récuse cet emblème insultant pour lui.
Cependant voici qu’avec la Renaissance, on découvre, on redécouvre, que le coq dans l’Antiquité était considéré comme un animal noble, accompagnant certains dieux comme Jupiter, Mercure ou Mars ; un animal symbolisant non pas le Gaulois – représenté par un sanglier – mais le soldat, la vaillance du soldat ; il était, dans le légendaire antique, le seul animal capable de vaincre le lion, en lui crevant les yeux. En même temps, très présent dans les sanctuaires gaulois aux côtés de Mercure assimilé au dieu gaulois Lug, et homophone du gaulois en latin, « gallus », le voilà et valorisé, et, sous sa forme d’emblème, présenté par les « Antiquaires » de la Renaissance comme gaulois. Voici donc notre coq gaulois, un animal noble et accepté comme symbole du roi de France, ou du peuple français. C’est ce que j’appelle le troisième chant du coq, avec ce « coq gaulois ». Dans la Galerie des glaces que tout le monde connaît mais dont bien des détails échappent, le peintre Lebrun a créé à la demande de Louis XIV un ordre dit « français » (pour remplacer le dorique, le ionique, le corinthien), utilisé pour les chapiteaux des pilastres, ordre français où sont figurés des coqs et des palmes de la victoire.
Cet ordre au coq est abandonné sous Louis XV, mais le coq revient en force sous la Révolution, exprimant la vaillance du patriote, plus tard, avec la Grande Guerre, celle du Français face à l’Allemand et à son aigle.

Le coq à Verdun, « On ne passe pas »

Le coq à Verdun, « On ne passe pas »

« On les aura ! » (projet d’assiette)

« On les aura ! » (projet d’assiette)

Et le coq, avec croix de Lorraine figure sur un timbre courant de 1945

dial7

E P H : Revenons aux Emblèmes de la République et non de la France. Vous opérez dans votre ouvrage un parcours monumental sur l’évolution de ces emblèmes républicains depuis la Révolution française, qui reprend ou non des images de l’Antiquité, jusqu’à nos jours, en vous arrêtant massivement sur la Troisième République, moment de l’adoption définitive de la plupart de ces emblèmes. Je voudrais vous demander ce qui vous semble le plus marquant dans l’évolution de ces emblèmes.

B R : Le plus marquant, c’est le contraste entre d’une part le combat, la bataille, la « guerre franco-française » accompagnant ces emblèmes pendant des décennies et d’autre part, au contraire, la pacification, le consensus mou, voire l’indifférence que l’on a aujourd’hui. Partons de Marianne, cette figure étudiée par Maurice Agulhon, mon maître, mon maître vénéré qui m’a appris à penser et à voir, à observer les monuments. Quand vous voyez une mairie, par exemple, à l’architecture moderne par rapport aux maisons qui l’environnent dans un village, cette mairie nouvelle par rapport à son entourage traditionnel, c’est et la République, et le progrès au village. Tout comme la tour Eiffel, érigée pour le centenaire de 1789, exprime et rend manifeste la liaison intime que unit  la République et le Progrès, le progrès technique.

E P H : L’ouvrage de Pierre Nora sur les Lieux de mémoire, dont le premier tome porte précisément sur la République, est un ouvrage magnifique.

B R : Oui, bien sûr qu’il alimente mes travaux, mais entre Maurice Agulhon, formé par sa grande thèse en partie publiée sous le titre heureux de La République au village, et Pierre Nora, je vois une certaine différence. Pierre Nora, c’est un chef d’orchestre extraordinaire qui n’a pas écrit un seul gros ouvrage d’histoire, pas de thèse, de recherches monumentales dans un domaine précis de recherche ; mais il a su choisir les meilleurs pour écrire ses Lieux de mémoire, Maurice Agulhon pour la mairie, Antoine Prost pour les monuments aux morts de la Grande Guerre, Mona Ozouf pour le Panthéon, Michel Vovelle pour la Marseillaise, etc. ; un travail de chef d’orchestre plutôt que de recherche historique, et pourtant c’est l’un des grands, des très grands historiens français d’aujourd’hui. Marianne est longtemps un sujet de disputes. Sous le Second Empire on détruit les quelques Mariannes érigées depuis la Révolution de février 1848. Sous la Troisième République qui commence, dans les années 1870, Thiers puis Mac Mahon font détruire ou interdire les Mariannes à bonnet phrygien, d’autant que la Commune a abondamment utilisé cet emblème et, par là, renforcé sa virulence. Il a fallu attendre le centenaire de la Révolution pour qu’on reprenne et adopte définitivement – sauf parenthèse antirépublicaine de Vichy – la Marianne à bonnet phrygien considérée comme un élément du patrimoine politique français, du patrimoine de la Révolution française dont le républicain s’affirme le fils légitime, l’héritier et continuateur. Il existe donc un grand contraste dans les attitudes adoptées face à cette Marianne coiffée du bonnet phrygien entre le XIXe siècle avec sa République au combat et la situation consensuelle d’aujourd’hui où l’on ne regarde même plus Marianne dont le profil figure sur les timbres, les monnaies, les « licences » des bouteilles de vin, les timbres des amendes que nous payons en tant qu’automobilistes trop pressés. Tout au plus tel royaliste se fait plaisir en collant à l’envers le timbre à la Marianne. En fait on ne la voit plus, cette Marianne, et pourtant c’est bien une spécificité française que de représenter la République par une effigie féminine, une « Liberté », effigie féminine venant dès septembre 1792 remplacer l’effigie du roi, effigie toujours masculine puisque dans le royaume de France, il n’y avait pas, du fait de la loi salique, de reine pouvant régner.

E P H : Vous m’avez fait part de votre agacement face à la personnalisation, à la « pipolisation » des Mariannes, avec Laetitia Casta, Mireille Mathieu et d’autres.

B R : En effet, Marianne représente la République, c’est-à-dire un régime institutionnel, mais aussi des valeurs, des valeurs qui tendent à la perfection et qui l’atteignent, des valeurs accessibles précisément par la République. Or on a toujours représenté jusque là une République anonyme, par un modèle restant anonyme et ne pouvant pas être identifié. Lorsqu’on se met à choisir un modèle personnifié, connu, reconnu, identifiable, on change de registre. Toute personne est faillible (« nobody is perfect »), et quand en plus il s’agit d’une femme – dirais-je en machiste primaire, ce qui vous fait bondir verbalement – on n’est plus dans la perfection. Quand on prend une Brigitte Bardot, une Laeticia Casta qui devient un problème fiscal par sa domiciliation fiscale à Londres, on ne respecte plus les valeurs de la République, on ne les représente plus.

E P H : Cette « pipolisation » est antirépublicaine finalement.

B R : Elle est effectivement contraire à la tradition républicaine. Quand on me demande quelle est la « Marianne de l’année », c’est-à-dire le modèle de l’année pour Marianne, je réponds qu’il n’y a pas – et qu’il n’y a jamais eu dans notre république démocratique et libérale – de modèle de Marianne, de choix imposé par l’État, mais une infinie variété, en toute liberté de choix, avec couronne végétale ou bonnet phrygien ou encore couronne solaire, voire « en cheveux », ou encore casquée à la gauloise ou à la grecque, etc. Ce n’est pas parce qu’une banque aujourd’hui en difficultés, DEXIA, a créé avec une amicale privée de maires de France, association loi de 1901, une espèce de concours un peu folklorique, un concours de miss, un peu pour s’amuser et se faire connaître comme banque de prêts aux collectivités locales qu’il faudrait prendre une telle opération médiatique pour une décision officielle de l’État français. D’ailleurs, et je l’ai dit, la République, qu’elle soit démocratique et libérale comme sous la Troisième, ou démocratique, libérale, sociale et laïque comme depuis, c’est, plus qu’un régime, une série de valeurs qu’il faut respecter et pour lesquelles des Français ont lutté pendant plus d’un siècle. Je trouve comme historien que cette personnification, cette « starisation » disait Pierre Bonte, est contraire à la tradition républicaine et, comme citoyen, je la qualifierais volontiers de prostitution, disons de dévoiement de Marianne et de la République.

EPH : Je suis parfaitement d’accord avec vous et c’est sur ces mots, Bernard Richard, que nous allons clore l’émission.

Marianne, représentation féminine de la République en France

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Les monuments aux morts de la Grande Guerre, monuments républicains ?